What do we mean
for Europe

di Samuele Calzone

Articoli della Rubrica
Kenneth WHITE: EUROPE, ATLANTIQUE, CULTURE(*)


Là, sus sur une haute tour, recongnut Pantagruel la Lanterne de La Rochelle, laquelle nous fist bonne clarté. (Rabelais)


L’IDEE DE L’EUROPE

Si l’on veut repérer la première conception de l’Europe, il faut remonter jusqu’au mythe d’origine, d’où émerge une idée politique dont je propose de suivre rapidement l’histoire.
Aux origines de l’idée européenne, on trouve un mythe grec selon lequel Europa était une princesse phénicienne enlevée en Crète par Zeus déguisé en taureau blanc. Ce que dit le mythe, c’est combien l’Europe doit à l’Asie (c’est Cadmus, le frère d’Europa, qui aurait apporté en Grèce l’art de l’écriture), et en même temps combien ferme est son intention de recommencer à neuf. On peut lire dans le mythe d’autres éléments : dans le taureau blanc, à la fois une puissance terrestre et un élan absolu ; dans le voyage, l’esprit errant, explorateur, investigateur de l’Europe ; dans la présence de la belle princesse, un érotisme inquiet.

« L’Europe aux yeux grands ouverts », dit un poète grec.

Après ses débuts dans l’archipel ouvert de la Grèce, l’Europe fut romaine et impériale. On quitte la légende pour les légions. Une unité devait se faire, et manu militari. On pousse la frontière, la limite, la limes, de plus en plus loin. Jusque chez les Calédoniens, en Écosse, par exemple. Un chef celte s’écrie : « Ils font un désert et ils appellent cela la paix. » La pax romana était violente. Elle a apporté tout de même des bienfaits : des livres, des bains, du vin — et une langue universelle.

Napoléon prolonge le mouvement romain, « le sucre dans une main, le sabre dans l’autre », comme il dit. Il traverse, en les ravageant, une nation après l’autre, avec, en tête, une idée haute de l’Europe, qu’il veut relier, en pensant à Alexandre le Macédonien, à l’Asie — c’est pour cela qu’après avoir été directeur d’un bureau topographique et inspecteur des côtes (il me plaît qu’en plus de ses qualités de stratège, Napoléon ait eu le sens de la géographie), il fonde l’Institut d’Égypte. Napoléon n’est pas un de mes héros intellectuels. Mais l’histoire est complexe. Et l’idée d’une Europe au-delà des nations fut approuvée par Goethe, natif d’un des pays ravagés. Quant à l’Institut d’Égypte, c’était une des grandes réalisations culturelles du siècle.
Poursuivons l’idée, à grandes enjambées, à travers l’histoire et la géographie.

(*) Kenneth White, poète, écrivain et essayiste, président-fondateur de l’Institut international de géopoétique (www.geopoetique.net)

“Europe, Atlantique, culture” Texte tiré de la livraison 2005 de la brochure annuelle éditée par
l’Institut international de géopoétique à l’intention de ses adhérents, Europe et géopoétique.

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