Dans cet ouvrage, défini par ses auteurs comme « moins un atlas qu’un essai sur les dynamiques territoriales », sont décrites et analysées les disparités, les inégalités et les dynamiques spatiales du territoire brésilien. Ils les présentent en se servant d’illustrations assez raffinées (cartes thématiques, tableaux, graphiques divers), et de textes référents à celles-ci, lesquels ne se réduisent pas à de simples commentaires de carte.
L’ouvrage comporte 10 chapitres décrivant chacun le pays à partir d’un thème géographique différent. Ainsi on voit exposés un à un les principaux thèmes d’analyse de la géographie contemporaine : le maillage administratif, l’environnement, la population, le dynamisme économique des villes et des espaces ruraux, les transports et réseaux, les inégalités socio-spatiales et l’aménagement du territoire. On pourrait, toutefois, souligner une attention presque omniprésente portée au décalage de développement entre le centre, personnalisé par la ville de São Paulo et son Etat fédéré, et la périphérie, qui inclurait pratiquement les 26 autres Etats fédérés, dont le retard serait proportionnel à la distance au centre et à l’éloignement de la côte maritime.
Les illustrations abondent du début à la fin, toutes en couleurs, dispersées dans des textes explicatifs. On voit exposées des données de l’échelle communale à celle des 5 régions, la grande majorité des illustrations s’appuie sur des données correspondant aux niveaux les plus fins des recensements statistiques, ce qui donne à l’ensemble une très bonne précision. Au géographe attentif il ne passe pas inaperçu, cependant, un certain nombre de cartes sans légende (p. 14, 15, 60, 175 et 176), plus rarement sans échelle (p. 15 et 230), et l’absence de toute forme d’orientation spatiale. Par ailleurs, on peut regretter l’absence de cartes générales ou topographiques, alors que celles-ci sont souvent nécessaires à une compréhension exacte des propos tenus. Dans les cartes relatives aux eaux ou aux voies navigables (p. 71, 195, 196 et 197), par exemple, aucun toponyme n’est placé pour nommer les fleuves et rivières, alors qu’ils sont souvent mentionnés dans le texte.
L’ouvrage est émaillé de critiques et remarques sur les inégalités socio-spatiales et socio-économiques qui tourmentent le pays dès son origine. Mais pour le malheur du lecteur de gauche, dans une lecture attentive du discours textuel, on perçoit facilement un fond théorique et idéologique libéral, qui dévient patent quand les auteurs parlent, par exemple, des bénéfices apportés à l’économie par les « bas salaires ». Ce fond idéologique est manifeste également dans l’éloge fait des fronts pionniers, considérés comme un élément majeur du dynamisme économique du pays dès sa fondation et ce alors que les auteurs de l’ouvrage font bien connaître leurs préoccupations environnementales, en dénonçant les effets néfastes de l’exploitation irresponsable des ressources naturelles, subséquente à l’occupation rurale et à l’expansion des villes dans le territoire.
Historiens, sociologues, démographes, urbanistes, économistes et administrateurs pourraient trouver dans cet atlas une bonne quantité de données pertinentes pour leurs différents domaines. L’ouvrage conserve, toutefois, un caractère généraliste et synthétique qui le rend plus adéquat à un public étudiant, lycéen ou universitaire. Un lecteur pourrait éventuellement se montrer réticent à son orientation idéologique, mais sa lecture n’est pas insipide et peut s’avérer de grande valeur tant par la qualité générale de ses illustrations que par son regard particulier sur les réalités du territoire brésilien.
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