Justine Lacroix, maître de conférence en sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles, nous propose un ouvrage sur les relations entre le patriotisme et la construction de l’Europe politique. Son souhait est ici de « jeter un pont entre des enjeux soulevés aujourd’hui dans le champ de la théorie et de la pensée politique et les analyses relatives à la nature de l’Union Européenne ». Pour cela, c’est la question de l’intégration politique qui lui paraît la plus pertinente.
J. Lacroix observe tout d’abord plusieurs choses parmi lesquelles celle que l’Union Européenne est loin de fournir un mécanisme d’intégration politique au corps civique de son ensemble ; ou encore que les traité (Maastricht, Amsterdam…) accompagnent une perte de légitimité de la construction européenne dans l’opinion publique, les citoyens ne se reconnaissant pas, ou peu dans les institutions communautaires. L’unification des économies et des sociétés ne suffisant pas à engendrer une conscience politique commune, la construction européenne pose la question : qu’est-ce qui rend une société politique possible ?
L’objectif de ce livre est, outre de proposer une critique du « communautarisme cosmopolite », de montrer que le débat sur la construction européenne oppose moins les « pro-européens » aux « anti-européens » que ceux qui en appellent à la nation comme absolu de l’intégration politique à ceux qui croient à un dépassement du principe national. Le débat entre les tenants du libéralisme (hérité de Kant et Habermas notamment) et ceux du communautarisme est ici un élément important pour comprendre les enjeux de la question.
L’auteur développe sa pensée dans quatre grands chapitres : Le paradigme post-national, La critique nationale de la construction européenne, Aporie et figures du national-souverainisme, Défense du patriotisme constitutionnel.
Voici quelques citations qui, malgré le fait qu’elle soient retirées de leur contexte, me semblent être des pistes de réflexions et de discussions intéressantes dans le cadre de problématiques liées aux questions de l’identité de l’Europe.
Le motif d'appartenance à la communauté politique n'est ni la parenté géographique, ni la proximité culturelle mais «la reconnaissance réciproque des « sujets logiques » individus et nations, comme coresponsables égaux en droit et la reconnaissance commune de principes constitutionnels et des droits fondamentaux».
«l'enjeu de l'Union Européenne est plutôt celui d'une activité publique à déterminer que celui d'une identité communautaire à forger.»
«Une identité européenne se forgera à travers la volonté collective d'entreprendre des tâches communes, lesquelles contribueront en retour à asseoir le caractère dictinctif de l'UE par rapport à d'autres ensembles tels que les Etats Unis.»
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