En cette année 2005, la Francophonie a été mise à l’honneur à plusieurs occasions, et notamment avec le salon du livre qui lui était consacré. Un certain nombre de livres portant sur ce thème sont parus parmi lesquels « La Francophonie » présenté ici.
Parler aujourd’hui de Francophonie peut paraître désuet. Pourtant, si la situation du Français dans le monde est aujourd’hui différente de ce qu’elle a pu être par le passé, une organisation tient toujours le coup : l’OIF (l’Organisation Internationale de la Francophonie). On attribue souvent à la défense de la Francophonie un objectif réducteur qui est la défense du Français dans le Monde. Si certes cet objectif est un des principaux buts d’organisations telles que la déjà citée OIF, l’action liée à la Francophonie va bien au-delà. Ce petit livre de la collection Idées Reçues des éditions du Cavalier Bleu nous rappelle cela en nous détournant des poncifs liés à l’idée de Francophonie. La préface d’Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, nous interpelle sur le fait que cette dernière n’est pas une forteresse à défendre mais que sa réalité est celle de la diversité et de l’universalité, que la langue est ici un lien, un partage permettant d’exprimer la diversité des cultures et des identités.
Le terme Francophonie apparaît en 1880 pour désigner la communauté linguistique et culturelle que la France constitue avec ses colonies. Lié au fait colonial, il disparaît jusque dans les années 1960, il réapparaît alors affranchi de ses origines coloniales sous l’impulsion de personnalités chantres de l’indépendance comme Léopold Sédar Senghor. Il comprend aujourd’hui deux significations : l’une désigne l’usage du Français et l’ensemble de ceux qui le parlent, l’autre renvoie à l’Organisation Internationale. C’est l’Afrique qui a « inspiré le projet de la Francophonie, elle a largement contribué à ce qu’il s’incarne dans des institutions ».
Parmi les grandes questions abordées ici, on retrouve sans tout d’abord, et sans étonnement, celles qui sont liées au colonialisme : « la francophonie est-elle une survivance au colonialisme ? », « La francophonie est-elle la politique d’influence de la France ? » L’auteur démonte ces fausses idées : « il suffit d’un coup d’œil à la liste des pays membre de plein droit et observateurs de l’OIF pour abolir l’idée que la francophonie décalque les frontières des anciennes colonies françaises ». En effet, on citera en exemple quelques pays que l’on attendrait peut-être pas là : la Moldavie, la Bulgarie, l’Albanie, la Lituanie ou encore la République Tchèque.
Puis viennent des interrogations sur ce qu’est la communauté francophone (« Les francophones sont essentiellement français ») qui mettent en perspective la place de l’Afrique, du Québec ou de l’Europe dans cette organisation. On apprendra notamment ici que, « devançant la Suisse et la Belgique, la Roumanie est le deuxième pays francophone d’Europe ».
La Francophonie prend aussi part au développement de la diversité culturelle, notions en vogue actuellement. Elle a entre autres été l’instigatrice de la convention sur la diversité culturelle qui fait peur aux Etats-Unis, Cette convention est un instrument juridique qui affirmant le droit des États à prendre les mesures qu’ils jugent opportunes en matière culturelle.
Un dernier ensemble de remarques porte sur la véritable efficacité de la Francophonie. « La Francophonie c’est un grand bazar », « La Francophonie, ce ne sont que des bavardages ». On verra ici que la Francophonie s’est donné des priorités : promotion de la langue et de la diversité culturelle, promotion de la paix, appui à l’éducation…. La défense du français comme langue internationale fait partie de ces priorités.
Ce petit livre, facile d’accès et rapide à lire montre donc bien que la Francophonie va bien au-delà de la « défense du Français contre tous » pour montrer qu’il s’agit là d’une véritable organisation à vocation interculturelle. Les textes de ce petit livre sont accompagnés d’encadrés ayant trait à certaines questions ainsi que d’une annexe présentant un certain nombre d’agences et d’associations qui sont liées à l’OIF.
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