Antenne di Dialogo
di N. Gobenceaux
Florian DU PASQUIER, Reponse à l'Introduction au dialogue
Je trouve ce texte extrêmement bien écrit, et vraiment intéressant au niveau du contenu... bref j aimerais en remercier l auteur (ou les auteurs) (et Platon au passage). J'aimerais cependant soulever quelques questions auxquelles je n'ai moi-même pas réponse mais qui méritent discussion. Une société est le produit de l'échange des hommes et des femmes... cela est entendu. Les hommes et les femmes échangent des produits (on a scientifisé cela par l'économie),ou des idées (l'art de la philosophie). Le dialogue est donc l'outil de communication d'une société. Autrement dit, "savoir dialoguer c est savoir vivre en société" puisque c est par le dialogue que je peux inclure l'Autre.

La question que je me pose est alors de savoir ce qui fait société et plus précisément lien social. Bien sûr la part de dépendance mutuelle, qu'elle soit matérielle ou intellectuelle est importante comme cherche à l'affirmer une certaine sociologie. Mais si telle est vraiment le cas, alors un système politique qui viserait purement et simplement à maximiser la possibilité des échanges suffirait largement. Pourtant on sent bien qu'il manque quelque chose à cette vision purement libérale de la sphère sociale. Rappelons tout de même que le but que s est fixé la tradition libérale est justement de théoriser cet échange afin de permettre en pratique à des hommes et des femmes aux conceptions métaphysique radicalement différente de pouvoir faire société et donc d'échanger. La critique du libéralisme ne peut pas être entreprise à la légère.

La question est donc de savoir ce que nous avons à communiquer en tant qu'êtres humains, c'est-à-dire les différents niveaux de la communication... et d en arriver ultimement à déterminer ce qui fait la qualité du lien social. Le terrain est dangereux car il nous faut être créatif sans tomber dans les vielles recettes politiques d'exploitation de la race, de l'étranger ou même de l'inconscient collectif. Une vie entière ne suffirait pas à montrer et démontrer que des hommes et des femmes de toutes origines, ont vécu ensemble et se sont, de toutes époques, enrichis mutuellement. Pourtant, se borner à dire que ce qui fait société est l'échange n est pas vraiment satisfaisant puisque cela ne nous dit rien de l'aspect créatif du lien social.

Ceci étant dit, j'aimerais rappeler l'idée d'Annah Arendt, dans ses "lectures sur Kant" selon laquelle ce qui fait lien social est "la communicabilité du jugement". Drôle de terme que cette notion de communicabilité qui désigne le fait que quelque chose soit communicable ou pas. Surtout à une époque où l'on parle toujours de communication et jamais de communicabilité, comme si tout par définition était communicable. La psychanalyse nous rappelle qu'il est beaucoup de choses en l'homme qui ne s'exprime que très difficilement à travers le langage. Suffisamment en tout cas pour douter de cette idéologie de la communication parfaite au même titre d ailleurs que la compétition parfaite. Ce que nous enseigne de plus la psychanalyse, c'est que l'homme et la femme qui se sont réalisés dans leur totalité (dans le rapport conscient/inconscient) sont porteurs de leur propre vérité subjective. Ainsi le fond structurel du jugement est ancré dans la subjectivité du sujet. A partir de là, on comprend que plus une société polémique et plus celle-ci exprime sa vitalité contrairement à l'idéologie ambiante du consensus. A condition bien sûr d'accepter les règles et l'art du dialogue. Et pour toutes ces choses qui ne sont pas vraiment communicables par la parole, il nous reste l'esthétique... divinement humaine....

Polémiquons donc...


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