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Nathanaël GOBENCEAUX, Que reste-il de la nature? |
“Si quelque chose est dit sur la nature, alors ce n'est déjà plus la
nature” (Cheng Hao).
Au commencement était la Nature, libre de tout artefact, la nature à
l'état sauvage, la nature au naturel. Puis l'homme est apparut,
volontaire, intelligent, et il a voulut domestiquer cette Nature.
Si on prend en considération la phrase mise ici en exergue, alors on
peut dire que la nature n'existe plus depuis quelques temps déjà. En
effet, notre société du bavardage ou tout a été dit ne se prive pas de
faire mention, un peu à toute les sauces, de cet état de nature.
Aujourd'hui, on a une tendance à la naturalisation, à l'empaillement de
la nature, à sa remise en forme illusoire. On nous vend pour nature un
ersatz campagne où même avec des œillères sévères on ne trouverait pas
le moindre atome de naturel.
Il faut dire que le temps ne fait rien à l'affaire et encore moins à
celui de la nature qui subit depuis des siècles, des millénaires,
depuis qu'il est apparut sur cette terre, un homme qui n'a de cesse
d'aménager son environnement, d'intervenir sur ce qui l'entoure pour
faire le monde à son image, du moins à l'image du monde qu'il a dans la
tête et qu'il pense être le meilleur pour ses compères ou pour ses
propres intérêts.
A la suite de Cheng Hao, il me semble que la notion de nature implique
que l'objet, le paysage considéré n'est jamais été dit soit, mais aussi
qu'il n'aie jamais été regardé et plus encore, qu'il n'aie jamais été
pensé. Ces différents cas annulant le caractère naturel d'une chose.
On pourrait dire que la nature est ce qui reste une fois que l'homme
n'est jamais passé. Ce que l'homme dans toute son ostentation n'a
jamais touché, ce que l'homme dans toute sa prétention n'a jamais
regardé. Or, à l'heure du tout image et des satellites couvrant
systématiquement la surface de la terre peut-on dire que la nature
existe encore sur la terre ?
Que celui qui trouve un morceau de nature le chante, le danse, mais
que surtout il ne le répète à personne.
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